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15 Septembre/ Journée Internationale de la Démocratie : Entretien Exclusif avec le Directeur de l’Institut pour la Gouvernance Démocratique (IGD) et Représentant-Pays de l’Institut Néerlandais pour la Démocratie Multipartite (NIMD-BENIN)

Le Bénin , à l’instar des autres pays du monde , célèbre ce 15 septembre , la journée internationale de la Démocratie. Cette journée effectuée par l’Organisation des Nations Unies correspond à l’adoption en septembre 1997 de la déclaration universelle sur la démocratie. Dr Azizou CHABI IMOROU, Directeur de l’Institut pour la Gouvernance Démocratique (IGD) et Représentant-Pays de l’Institut Néerlandais pour la Démocratie Multipartite (NIMD) lève un coin de voile sur le concept de Démocratie, ses facteurs, les actions menées par l’IGD et son appel à l’endroit des acteurs politiques et de la société civile.

 Dr Azizou, selon vous , C’est quoi la Démocratie ?

On dit souvent , la démocratie , c’est le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple. Donc c’est un système de gouvernance où la légitimité, le pouvoir de gouvernance , de gestion de la cité est délégué par le peuple. C’est le peuple qui confie aux dirigeants le pouvoir de le diriger. Quand on parle de démocratie , il faut donc comprendre des élections régulières, comprendre les institutions qui fonctionnent, qui détiennent le pouvoir, cela sous entend une séparation des pouvoirs et il y a des règles de jeux de fonctionnement de ces institutions. Une démocratie, cela suppose aussi le développement.

 Quels sont les facteurs qui déterminent la bonne démocratie dans un pays ?

Il y a plusieurs facteurs. Le premier facteur , c’est l’organisation régulière d’élections. Ce sont des occasions à travers lesquelles les citoyens expriment leur désir, leur choix, les citoyens confient la gestion de la cité à ceux qui sont censés les diriger : le Président de la République, les députés, les élus. C’est une démocratie où les lois sont connues et respectées clairement, c’est une démocratie où les institutions fonctionnent normalement, elles assurent la plénitude de leur pouvoir, c’est également une démocratie où le peuple est servi par ses gouvernants. La bonne démocratie est celle-là qui sait régler ses problèmes. Car il n’y a pas de démocratie sans problèmes. Même dans les pays de grande démocratie , il y a problèmes. C’est en cela que au NIMD/IGD , on pense que le dialogue est un principal cardinal qui permet au démocratie de mieux fonctionner, de régler les problèmes.

 Quelles sont les actions qui sont menées par NIMD et IGD pour que la démocratie soit maintenue au Bénin ?

Nous menons plusieurs actions au Bénin depuis plusieurs années. La première que nous menons c’est en lien avec toutes cette promotion de l’idée de dialogue pour la démocratie béninoise. Nous faisons un certain renforcement et un accompagnement des acteurs politiques ou ceux qui aspirent à faire de la politique afin qu’ils puissent mieux comprendre comment la démocratie fonctionne, comprendre les règles du jeu démocratique. Ces dernières années nous avons mis l’accent sur un certain nombre d’acteurs, d’abord les jeunes, une couche importante. Nous les renforçons et les accompagnons. Il y a un programme de leadership jeune que nous mettons en œuvre à travers l’école de la démocratie. Il y a également le leadership des femmes en politique à travers le projet de renforcement de leadership des femmes en politique. Dans le cadre du système partisan, nous accompagnons tout le processus en appuyant les partis politiques de sorte à les amener à être plus attractif, durable et à répondre aux défis qui est le leur dans le contexte béninois actuel. C’est ce que fait le programme renforcement et appui pour des partis politiques inclusifs et démocratiques (RAPPID). Ces actions nous les menons avec des partenaires notamment l’ambassade royale des Pays-Bas et l’union européenne.

 Votre appel à l’endroit des dirigeants pour une bonne démocratie au Bénin

Le Bénin est en train de tracer son propre modèle de démocratie. Et ce modèle semble singulier. Certes, il y a eu des problèmes. Ces problèmes font partie du processus d’édification de la démocratie. Il faut maintenant que chaque citoyen et chaque citoyenne développent des attitudes qui permettent à cette démocratie d’être résiliente, de retrouver ses repères et de pouvoir marquer son temps. il y a eu des moments où on a considéré le Bénin comme le laboratoire de la démocratie, cela a duré longtemps. Il y a eu des moments de turbulences que nous avons connu. Il faut maintenant un nouvel élan qui nous permette de revenir à ce modèle africain. Tous les acteurs politiques doivent y travailler. Le second , c’est l’éthos du dialogue et du pardon. Que les préoccupations de la minorité soient aussi prises en compte. Qu’on ait une démocratie qui intègre plus là jeunesse et les femmes. De nombreux efforts sont faits dans ce sens. Il y a de l’espoir.

Propos recueillis : Aristide SETTIN